A year of transition at Ondinnok

Monday 28 March 2016

(FRENCH ONLY) C’est un honneur qui m’a été fait par Yves Sioui Durand et Catherine Joncas de participer à titre de consultant à leur projet de transition vers une nouvelle direction artistique des Productions Ondinnok.

J’ai été témoin actif à divers égards et de façon sporadique des trente années d’existence d’Ondinnok depuis sa création jusqu’à aujourd’hui, comme spectateur, acteur, formateur, assistant et metteur en scène.  J’ai toujours été vivement touché par son art jusqu’à adopter ses valeurs éthiques et artistiques.  Avec 30 ans d’existence et presque autant de productions majeures année après année, Ondinnok est la première compagnie professionnelle de théâtre amérindien francophone au Québec et une des trois plus anciennes au Canada.

Apporter ma contribution à  ce projet de passage vers une nouvelle direction artistique m’est apparu indispensable pour aider à assurer la survie et le développement de ce théâtre d’avant-garde.  Sa pratique artistique est exceptionnelle tant par l’imaginaire autochtone qu’il a ranimé du fonds culturel et théâtral plusieurs fois millénaire des premiers peuples des Amériques s’étendant de l’Arctique à la Terre de feu, que par les formes artistiques réinventées à chacun des spectacles. Bref, je me suis engagé pleinement dans ce processus pour veiller à ce que soient sauvegardés les acquis artistiques de cette compagnie et à accompagner les artistes de la nouvelle génération dans les projets qu’ils souhaitent générer.

Je me rends compte, après avoir trempé dans le théâtre depuis mon enfance, que j’ai encore beaucoup à apprendre des autochtones qui ont accueilli mes ancêtres européens, les ont soignés et appris les rudiments de la survie dans un climat aussi rigoureux que le Kanata. Cette période de transition vers une nouvelle direction d’Ondinnok comporte un certain nombre de passages délicats à franchir : la transmission du patrimoine, des connaissances et des acquis artistiques de la compagnie intimement liés à l’histoire et aux cultures des nations autochtones des Amériques; le perfectionnement des artistes postulant à la nouvelle direction; le développement d’un bassin d’artistes des nouvelles générations et de leurs potentiels (auteurs, acteurs, danseurs, metteurs en scène, scénographes, artistes multidisciplinaires, etc.).  Le projet est en cours de réalisation et il est enthousiasmant.  Le plan de travail de cette transition est intense, mais il faut le réaliser pas à pas et veiller à ne pas nous perdre en chemin, pour que le résultat réponde aux objectifs de ceux qui passent le flambeau et de ceux qui en nourriront la flamme.

Clément Cazelais