30 ans de résistance et reconstruction culturelle

mardi 10 mars 2015

Faire du théâtre est en soi un acte de résistance culturelle. Il est d’autant plus, lorsque ce théâtre inscrit les Amérindiens au centre de l’identité collective de ce pays. Voilà une action d’art qui exige une éthique afin de ne pas embrouiller les esprits. Et ce, en plus de nécessiter l’audace d’une autocritique, d’un questionnement sur soi pour mieux faire percevoir qui nous avons été et ce que nous sommes devenus. Le théâtre amérindien est pour moi, une action de reconstruction culturelle qui passe à la fois par la capacité d’avouer ses pertes, ses dérives, mais aussi de célébrer son histoire et de lutter contre l’injustice. Nous sommes fiers d’avoir maintenu ouverte sur les scènes nationales, internationales et dans nos communautés une fenêtre de connaissance et de dépassement par l’imaginaire.

La capacité de s’imaginer et le pouvoir de se mettre en scène sont les garanties de notre survie, ils constituent le frein à toutes les formes de violence. La violence est la négation même de l’imaginaire.

Yves Sioui Durand