fbpx

30 ans de théâtre amérindien au Québec

mardi 20 janvier 2015

Saviez-vous qu’Ondinnok est l’une des trois plus anciennes compagnies avec le Native Earth Performing Arts et Debadjehmujig Theater Groupe de l’île Manitoulin fondés respectivement en 1983 et en 1984 qui sont les pionniers du théâtre autochtone contemporain du Canada. En 30 ans, nous avons accompli un parcours de créations qui constitue un véritable territoire imaginaire, une réinvention de soi, un patrimoine artistique unique en Amérique du Nord. Ce travail visionnaire qui traduit bien l’importance de l’Art pour la survie des cultures amérindiennes et inuites du Québec.

Dans le monde occidentalisé de force qui est devenu le nôtre, les trente dernières années traduisent une portion de l’histoire des plus signifiantes. Désormais, nous faisons partie non seulement de l’histoire du théâtre, mais l’histoire des destinées des premiers Peuples.

Si en 1985, lors du premier festival des Amériques nous entendions « crier le ventre de la Terre » et revendiquions la spiritualité autochtone hors de tous les efforts de conversion comme territoire intact de notre identité, nous avions alors une vision prémonitoire ce qui allait suivre face au refus du Canada de reconnaitre les premiers Peuples dans sa constitution.

1990 les évènements d’Oka et le choc du racisme.

1992 les manifestations transaméricaines de tous les autochtones contre les célébrations du 500e de la découverte/colonisation, la création du réseau de télévision nationale APTN, et enfin, l’élection d’un président amérindien en Bolivie.

1994 le soulèvement des Zapatistes et la naissance du mouvement altermondialiste.

1998-2014 la reconnaissance par la Cour suprême des droits ancestraux et fonciers des autochtones au Canada.

2007 la charte des droits des peuples autochtones à l’ONU, la dénonciation des abus et de l’ethnocide des écoles résidentielles, la dénonciation des conditions de vie misérables dans les réserves nordiques et les excuses du premier ministre.

2014 la première grande exposition d’Art contemporain autochtone internationale et la dénonciation de la violence et des crimes impunis contre les femmes autochtones ainsi que la destruction irréversible du territoire par l’exploitation catastrophique les sables bitumineux de l’Alberta.

En cette année 2015, chez Ondinnok nous faisons le procès de la révolution industrielle et des thèses racistes de cette époque qui perdurent encore aujourd’hui, et ce, à travers l’idée de progrès et de peuples inférieurs, sous-développés à travers une histoire méconnue celle des Indiens Selk’nam de la Terre de Feu.

Notre histoire qu’il nous faut réapprendre, redécouvrir et surtout transmettre pour redéfinir ce que nous partageons tous; l’humanité. Il est de notre devoir collectif d’éviter toute régression vers les horreurs commises par le passé.

Yves Sioui Durand