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5 minutes pour que je te dise

Ivanie Aubin-Malo

« 5 minutes pour que je te dise » au Théâtre Aux Écuries. Un lever de rideau sous le signe de la danse. Surtout, la force, la fougue et l’authenticité de la démarche d’Ivanie Aubin-Malo, danseuse malécite et québécoise. En préambule, Ivanie a expliqué l’art qu’elle pratique à la croisée de la danse traditionnelle pow-wow et de la danse contemporaine. Elle a spécifié qu’elle présente une première ébauche qui illustre comment les deux styles cohabitent et collaborent dans son corps. Par sa performance de lever de rideau, elle souhaite un moment de partage avec le public au sujet de son cheminement de réaffirmation culturelle autochtone et de sa démarche visant à mieux comprendre ce qui constitue son identité.

Les danses pow-wow tiennent leur origine des danses traditionnelles de l’ouest. Elles se sont propagées dans l’ensemble du continent américain et sont toujours pratiquées aujourd’hui.

Mouvements fugaces, empreintes, moments de suspension, musique laissant place aux voix féminines… pendant 5 minutes c’est comme si seule la danse comblait tous les désirs profonds. La performance d’Ivanie est élan, vent fou. La fusion entre tradition et contemporanéité qu’elle propose donne lieu à une réflexion sur la présence autochtone. « L’identité autochtone sur le territoire est encore vivante » : ces mots prononcés par Ivanie en préambule, on pourrait les entendre résonner dans chaque battement, chaque pas, chaque envolée de la danseuse. C’est ce qu’elle est venue nous dire : il faut considérer l’héritage autochtone.

Merci, Woliwon à tout ce qui a permis que l’on soit ensemble aujourd’hui – Ivanie Aubin-Malo

La performance d’Ivanie précédait la pièce Non Finito de la compagnie Système Kangourou. Dans un solo qui met en scène Claudine Robillard, celle-ci joue un personnage qui tente de comprendre pourquoi on entreprend des choses qu’on ne termine pas, pourquoi on ne va pas au bout des projets.

Une collection de projets abandonnés qui s’accumulent de l’enfance à l’âge adulte : un herbier, devenir gymnaste, les ambitions de poursuivre des cours de piano, faire de la couture, jouer de l’accordéon, divers projets d’écriture. Une pièce sur l’incapacité à aller jusqu’au bout de l’idée. Une pièce sur l’amorce.

Une juxtaposition entre une première partie « 5 minutes pour que je te dise » et un programme principal qui donne matière à réflexion. Car Claudine Robillard s’interroge également sur la possibilité de léguer un projet inachevé à quelqu’un d’autre. Ivanie répond oui à cette question puisque c’est ce qui guide sa démarche identitaire et nourrit sa pertinence. Son grand-père ayant ouvert le chemin à sa quête actuelle de réaffirmation culturelle. La poursuite de ce projet inachevé hérité donne une richesse à ses découvertes et ses actions.

Myriam Cloutier