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5 minutes pour que je te dise

Shauit

Shauit qui prend 5 minutes pour que je te dise, en lever de rideau de J’aime l’hydro à l’Usine C. Il pleut sur la nuit qui tombe, c’est le 12 avril et nous sommes à la 3eme saison du Printemps autochtone d’Art (#PAA3) sur Tio’tia:ke, territoire Kanien’kehá:ka (Mohawk) non-cédé, aussi connu sous le nom de Montréal.

Tassez-vous donc de là, nous on va vous montrer – Shauit

J’aime quand l’artiste du lever de rideau est introduit sur scène par le.la comédien.ne principale de la pièce. Cela crée une complicité, un lien invisible avec le jeu, avec la scène. Ça le contextualise dans le contemporain, ça l’inclut dans le milieu artistique mainstream montréalais. Je pense que l’audience apprécie cette introduction. Ce fut le cas pour Shauit qui fut introduit par Christine Beaulieu.

Shauit, est auteur, compositeur et interprète Innu. D’une énergie solaire, il est arrivé sur scène avec un tambour à la main. Je le connaissais pour son reggae, mais pas pour sa fable poétique récitée façon slam sur un beat de tambour traditionnel. Je vais tenter en quelques lignes de résumer cette magnifique histoire car 5 minutes, ça passe bien trop vite.

Boom boom boom pada, boom boom boom pada, le tambour accompagne le récit rythmé de l’histoire du castor géant. Un Innu et un homme blanc vivaient sur un grand territoire, a priori ils n’avaient pas besoin de se battre puisque le territoire était si grand que l’un vivait au nord et l’autre ben un peu plus loin. Jusqu’au jour où un étranger qui n’était rien de plus que l’État, approcha l’Innu pour lui dire que son territoire était si beau, mais mon Dieu !

Que vous ne savez pas en tirer tout son potentiel. Nous, on va vous montrer, dit l’étranger avec un air paternaliste. Un castor géant, sans même demander la permission et avec ses grandes dents bien aiguisées, commença à construire des barrages géants qui ruinaient à la fois l’eau, la terre, le territoire des Innus et celui de l’homme blanc. Un castor géant ami de l’étranger, un castor géant avec un gros… Q.

Il fallait être présent pour avoir la vraie, l’amusante et l’intelligente version de cette performance éblouissante de Shauit. En tous cas, le public et moi- même avons bien ri. Merci infiniment Shauit pour ces cinq minutes qui se sont pertinemment intégrées dans la pièce J’aime Hydro de la compagnie Porte Parole.

Laetitia Techer