5 minutes pour que je te dise

Skawennati

 

Le dernier lever de rideau du prélude printanier de la troisième édition du Printemps autochtone d’Art #PAA3 s’est déroulé à l’Agora de la danse sur Tio’tia:ke, territoire Kanien’kehá:ka (Mohawk) non-cédé (Montréal). Nous avons passé 5 minutes en compagnie de Skawennati, femme et artiste multimédia de la communauté Mohawk de Kahnawake.

Ma consœur guerrière, c’est toi à présent qui tiens le mégaphone – Skawennati

Par un hasard de circonstances, c’est Catherine Joncas en personne qui a introduit Skawennati au public. Une belle occasion d’entendre la voix de celle qui se tient derrière ce projet puissant, émouvant et qui a commissarié 5 minutes pour que je te dise.

Sur une scène vêtue de figures abstraites: nuages, rochers, formes blanches ouvertes à l’interprétation, Skawennati est arrivée, texte à la main, habillée de noir et ses longs cheveux ébène recouvraient ses épaules.

Skawennati commença à lire sa lettre destinée à Michèle Audette, membre de la commission sur l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. Skawennati débute son texte avec un contexte visuel: une photo prise lors de sa rencontre avec Michèle Audette en 1997. Elles sont côte à côte, toutes deux entourées de leurs communautés, Skawennati tenant un mégaphone près de sa bouche « pour être sûre qu’elles soient toutes les deux entendues ». Elle dénonce le rôle du gouvernement canadien dans les disparitions, les meurtres et les violences faites aux femmes autochtones, notamment avec la Loi sur les Indiens qui retirait alors à la femme autochtone son statut d’Indienne si celle-ci se mariait avec un homme allochtone: c’est ce qui est arrivé à sa mère. En revanche, l’homme qui se mariait à une allochtone ne perdait pas son statut. Remarque entendue: « Si vous voulez avoir votre statut, vous devriez tuer votre mari ». Elle souligne par ailleurs que cela a accentué la dévalorisation et considérablement diminué l’importance accordée aux femmes autochtones. On en retrouve l’héritage aujourd’hui dans toutes les violences infligées aux femmes autochtones, relatées ou non par les médias.

Laetitia Techer