Printemps autochtone d'Art

Urgence en ce printemps!

L’événement un Printemps autochtone d’Art se veut une inversion de l’histoire autant qu’une relecture de celle-ci à travers l’art actuel des autochtones. Nous étions sans maison à l’époque et nous le sommes toujours au sein de la métropole. Souhaitant sortir de la fatale itinérance, nous avons trouvé refuge à la Maison de la culture Frontenac, chez celui-là même qui combattait les méchants Iroquois au temps de la Nouvelle-France. Preuve que les temps changent!

Par ce Printemps, Ondinnok cherche à secouer l’amnésie collective en soulignant la présence des artistes amérindiens et inuits qui travaillent et habitent Montréal, qui y vivent, qui participent à cette société et l’enrichissent. Yves Sioui Durand

Devant une salle comble, le 30 avril 2013, était lancé en grande célébration le Printemps autochtone d’Art dans le Hall de la Maison de la culture Frontenac où le grand public, en particulier les citoyens du quartier, les artistes et des représentants gouvernementaux étaient conviés. Pour l’occasion, Ondinnok a fait appel au duo d’artiste Patrick Dionne et Miki Gingras afin qu’ils réalisent une murale inspirée de ce multiévénement. À partir de photos prises avec le public présent au lancement et des photos générales de l’événement, Pat et Miki ont construit une mosaïque présentement affichée sur l’une des fenêtres de la Maison de la culture Frontenac.

Produit par Ondinnok, ce multiévénement autochtone d’art unique avait au programme : une exposition d’art actuel, des installations, de la performance, du théâtre, une lecture publique, une conférence performative, du cinéma, ainsi qu’un cabaret poétique. Dans une volonté de rapprochement, Ondinnok désirait avant tout inviter le grand public, particulièrement les gens des communautés culturelles, à entamer un dialogue à travers l’art avec le monde autochtone d’aujourd’hui. Une première qui connut un tel succès qu’un Printemps autochtone d’Art DEUX est actuellement en cours de préparation pour mai 2015.

Exposition | Akakonhsa’ - fabuleux dédoublements| 30 avril au 8 juin

Sous la direction du commissaire Guy Sioui Durand, Akakonhsa’ – fabuleux dédoublements rassemblait des œuvres significatives de l’évolution de l’art autochtone en Amérique du Nord et des commandes inédites in situ, interdisciplinaires, et inter nations. Des créateurs aînés qui ont ouvert les sentiers de l’art se joignent aux générations d’artistes autochtones qui s’y engagent aujourd’hui. Pendant plus d’un mois, la Maison de la culture Frontenac abondait d’œuvres de différents médiums: environnement multimédia immersif, vidéo, animation sonore, sculptures, peintures, photographies numériques et installations en suspension. Le commissaire Guy Sioui Durand a aussi animé six visites guidées, en plus de donner une conférence performative intitulée Oki, manitous et esprits le 9 mai 2013. Durant cette conférence, ce spécialiste de l’art autochtone actuel y a présenté de manière ludique et vivante l’évolution des quinze dernières années de l’art autochtone au Québec et au Canada.

L’Autochtone est un être dédoublé. Au Gépèg et en Kanata, comme partout sur la terre mère, son quotidien s’est compliqué. Une double nationalité étrangère se superpose à son héritage ancestral. Il doit parler au moins deux langues.  En simultané, il tente de concilier traditions et modernités. Entre ses territoires immémoriaux qui ont pour noms Nionwentsïo, Nitassinan, Nikmatut-Mi’kma’ti, les terres de réserves comme communautés où il fut confiné ou dans les villes comme nouvel horizon urbain, constamment les questions de survie, de protection et d’affirmation se posent à lui. L’authenticité identitaire est un constant combat contre la folklorisation ou l’assimilation. Guy Sioui Durand

Contexte historique

Il y a eu le printemps arabe de 2011, suivi du printemps érable en 2012, et en 2013 c’est au tour d’Ondinnok de réclamer un printemps. Symbole d’un vent de changement, ce printemps s’arrime avec le mouvement Idle no more qui depuis le début de l’année 2013 prend de l’ampleur et devient plus que jamais légitime. Les citoyens des premiers peuples s’unissent et prennent des actions pacifiques afin de protéger l’environnement menacé par plusieurs lois fédérales, en plus de revendiquer la souveraineté des peuples autochtones. Précédent le Printemps autochtone d’Art de quelques jours, la commission de vérité et réconciliation était de passage à Montréal afin de sensibiliser la population aux sévices subis pendant des années par les anciens élèves des pensionnats autochtones et aux conséquences dévastatrices sur leurs communautés.