Iwouskéa et Tawiskaron

1999

Synopsis

Une femme-météore tombe recueillie par des oies, déposée sur le dos de la Grande Tortue. L’arbre de lumière est déraciné. Sur cette nouvelle terre, elle accouche d’une fille. Celle-ci donnera naissance à des jumeaux, Iwouskea, tendre comme la feuille, et Tawiskaron, dur comme le roc. Ces jumeaux, dans leur opposition et leur lutte constante, créeront le monde dans lequel nous vivons. L’archétype de ces frères jumeaux et ennemis qui sont enfantés dans la boue, la douleur et la mort, met en jeu les peurs inconscientes de l’autre et le je amérindien à l’aube du troisième millénaire.

Iwouskea et Tawiskaron transite en l’occurrence par le mythe de la création du monde selon les Hurons-iroquois. Il s’agit d’un cérémonial concret et, paradoxalement, quasi hallucinant parfois. Ce spectacle tend la main vers l’Autre, jette des ponts entre nos solitudes. Je ne connais pas d’endroits au Québec et sur notre continent qui puissent s’excuser de ses enseignements et de son engageante théâtralité.  Jean Saint-Hilaire, Le Soleil, 1999

Qu’est-ce qu’être amérindien en l’An 2000?

 Qu’est-ce que la mythologie? Qu’est-ce que la création du monde? Iwouskea et Tawiskaron est issu de ce questionnement fondamental. Pour y répondre, le collectif dirigé par Yves Sioui Durand est parti à la recherche des racines de la culture huronne-iroquoise. Ils se sont basés sur le mythe fondateur de la création du monde à partir d’une version orale Kanienkeha’ka (Mohawk) transcrite en anglais en 1910, ainsi que sur d’autres sources. Ces grandes histoires étaient autrefois racontées sur plusieurs jours. Véritables récits ritualisés, ils avaient pour but de reconstruire les liens qui président à la formation de l’identité collective. Sur une période de dix-huit mois, les acteurs ont entrepris un travail très personnel. Par le jeu, ils ont plongé à la quête de leurs propres racines, s’interrogeant sur leurs rapports parfois douloureux avec leurs parents, leurs grands-parents et leurs ancêtres. Ils sont devenus les personnages du récit et comme les ancêtres hurons-iroquois, ils ont marié leurs morts afin d’être une seule et même famille humaine.

Devant cette cérémonie, il vaut mieux respirer les arômes du bouleau, de la résine et des feuilles de tabac qui fument doucement; se laisser pénétrer par les sons et les chants, écouter et, peut-être, se recueillir face à ce que nous ne comprenons pas, mais que nous sentons comme un appel à l’éveil. Solange Lévesque, Le Devoir, 1999

Une quarantaine de spectateurs est rassemblée à chaque représentation à l’intérieur du shaputuan. Le public est restreint afin de permettre à celui-ci de baigner dans l’intimité du mythe. Toute l’histoire de la création du monde était ponctué par un rituel funéraire qui osait intégrer au cours de la représentation un spectateur, choisi par une comédienne pour lui faire vivre l’expérience des pierres. Jean-Marc Niquay et Yvon Dubé du groupe de théâtre de Manawan participent à la création ainsi que le chorégraphe Gaétan Gingras et la comédienne d’origine huronne Dominique Pétin.

Posée là dans le théâtre, comme la matrice archaïque de la culture amérindienne et nomade, une tente dans laquelle le public est invité à pénétrer dans un autre monde. Pour assister au déroulement d’un acte théâtral qui emprunte aux cérémonies du wampum ses rites de purification et de réparation du sang (…) Ondinnok a réussi à dépasser la simple reconstitution d’une légende ou d’un rituel amérindien pour tendre à l’essentiel: expliquer le monde comme un univers où les oppositions, même viscérales, parfois même meurtrières, sont justement garantes de notre humanité, et ce, depuis la nuit des temps. Marie-Christine Blais, La Presse, 1999

De retour à Montréal, au sortir de la grande aventure du théâtre de guérison, Iwouskea et Tawiskaron intègre tout ce qui y a été appris et expérimenté, et sera signe de renouveau pour Ondinnok. Cette oeuvre est la première d’une trilogie fondée sur le questionnement: qu’est ce qu’être amérindien en l’an 2000?

Dates des représentations

  • 1 au 5 juin 1999 – Montréal, Salle du Maurier du Monument-National, Festival de Théâtre des Amériques
  • 8 au 19 juin 1999 – Montréal, Salle du Maurier du Monument-National, Festival Présence autochtone

Équipe

Texte collectif dirigé par Yves Sioui Durand
Metteur en scène | Yves Sioui Durand
Interprètes | Clément Cazelais, Yvon Dubé, Gaétan Gingras, Catherine Joncas, Jean-Marc Niquay, Dominique Pétin et   Yves Sioui Durand
Concepteurs musical et sonore | Jean-Frédéric Messier et Michel Smith
Concepteur des décors et costumes | David Gaucher
Concepteur des éclairages | Sonoyo Nishikawa
Directrice de production | Catherine Joncas
Assistante à la production | Claudia Poirier
Directeur technique | Sylvain Pelletier
Régisseur | Manon Bouchard
Chargée des communications | Lucienne Losier
Photographe | Benoît Aquin

Producteurs | Ondinnok