Atiskenandahate - Voyage au pays des morts

1988

Synopsis

À  la confluence des mondes algonquiens et iroquoïens, un jeune couple se déchire. La jeune femme est tuée par son compagnon. L’homme descend au pays des morts afin de ramener l’âme de celle qu’il aime. Dans ce monde allégorique, plusieurs rencontres dangereuses avec des passeurs conduisent le jeune homme à travers différentes épreuves. Ce voyage initiatique est une plongée au sein de sa propre ignorance pour découvrir le trésor légué par la mythologie amérindienne. Ainsi, rapatrier la dignité humaine disparue et réapprendre à aimer.

Un drame rituel

Atiskenandahate – Voyage au pays des morts est un rendez-vous avec la mort qui nous plonge aux origines de l’histoire amérindienne. Il s’agit d’un drame rituel qui s’appuie sur le concept de la maison longue, sur sa structure architecturale et cérémoniale qui divise les hommes et les femmes en différents clans. Les spectateurs étaient invités à s’asseoir aux extrémités de la maison longue en fonction de leur genre. Le récit se déroule sur quatre journées symbolisant les quatre directions empruntées par le Soleil et la Lune dans leurs parcours célestes. Ce théâtre dénonce la violence faite aux femmes autochtones et la perte d’identité qui conduit à cette violence.

Loin de l’ennui des démonstrations ou des surcharges folkloriques, une impression de dignité et d’authenticité, de poésie, de beauté, nous accompagne tout au long du spectacle. Les scènes sont denses et visuellement superbes. Les combats et les masques, le cheminement de la Lune apportée par l’esprit de la rivière au pays des morts, la danse des fantômes, les corps nus traversant le rideau des eaux, la danse des caribous, l’étreinte dont on ressent physiquement la passion de la Lune et du Soleil, tout cela, voué à l’apologie de la vie, est d’une extrême beauté. Alain Pontaut, Le Devoir, 1988

Contexte historique

« Le théâtre pour moi est une action symbolique qui agit sur la réalité parfois avec prémonition. J’avais convié plusieurs amis à ce rendez-vous magique. C’est là, que Annette Vincent, de ma communauté de Wendake, y fera la rencontre décisive de M. Joe Deer, dit Ahwenraton, orateur de la maison longue de Kahnawake. En 1989, Annette Vincent et Michel Gros-Louis avec l’aide de Joe Deer et M. Frank Nottaway réintroduiront les cérémonies de la maison longue à Wendake. Un soir, dans le froid d’automne, nous serons présents. Je serai celui qui chantera pour la toute première fois. La semence s’est enracinée et depuis, la maison longue de Wendake réunit plusieurs jeunes et plusieurs familles. Dès lors, la langue que l’on croyait morte est officiellement enseignée et parlée.

Il y a plus encore. Grâce aux luttes d’Annette Vincent et de Michel Gros-Louis à l’été 1999 et plus récemment en 2013, nous avons revécu l’Atiskenandahate – Voyage aux pays des morts. En effet, nous avons ré-inhumé dans notre terre d’origine les ossements de nos ancêtres  qui se trouvaient dans les musées et reconstruit les liens qui unissaient l’ancienne confédération Huronne-Wendate. Voilà, la portée du théâtre amérindien.  » Yves Sioui Durand

Dates des représentations

  • 26 octobre au 6 novembre 1988 – Montréal, Studio-théâtre Alfred-Laliberté de l’UQAM

L’oeuvre a été télédiffusée à l’émission Les Beaux Dimanches de Radio-Canada en 1989 et par la suite à Télé-Québec dans son intégralité en 1992.

Équipe

Auteur et metteur en scène | Yves Sioui Durand
Co-metteur en scène | Alejandro Moran
Interprètes | Marco Bacon, John Blondin, Joe Deer, Catherine Joncas, Margo Kane, Denis Lacroix,  Véronique Régis, Annie Rouleau, Yves Sioui Durand et Annette Vincent
Compositeur de la musique originale | Michel Smith
Compositeur de la musique traditionnelle Mohawk | Joe Deer
Concepteur des éclairages | Guy Simard
Directeur technique et concepteur du décor | Sylvain Malo
Concepteurs des costumes | Costumes plus
Concepteurs de masques | Michel Pellerin, Philippe Pointard et Sylviane Sioui
Maquilleuse | Mikie Hamilton
Assistante au maquillage | Brigitte Beaudoux
Directrice de production | Michèle Houle
Chargée des communications | Claude Chevalot et Annie Rouleau
Attachée de presse | Marthe Boulianne