Hamlet le Malécite

2004

Synopsis

Ondinnok s’est approprié l’argument du Hamlet de Shakespeare en le détournant au sein des codes identitaires et spirituels autochtones. Dave, un jeune amérindien urbain se cherche. Il cherche aussi qui est son père. Jeune acteur, il veut monter Hamlet dans sa réserve malécite de Kinogamish. Il découvre peu à peu qu’il est Hamlet! Tout comme le père d’Hamlet, son père, ancien résistant autochtone a été liquidé par le nouvel amant de sa mère, le chef de la réserve. Histoire d’amour impossible aussi où Dave découvre l’horreur d’aimer sa propre sœur, qui enceinte de lui se suicidera, comme Ophélie. Si Dave s’indigne de la corruption et du pourrissement culturel qui l’entoure et comme Hamlet, veut faire justice, il veut surtout jouer pour survivre, pour se survivre.

En effet, nous dit Hamlet le Malécite, rêver d’incarner le héros de Shakespeare pour un jeune Amérindien relève de l’absurdité la plus complète. Et, en même temps, nourrir de tels rêves est  absolument essentiel à la survie culturelle d’artistes autochtones en devenir s’ils veulent avoir la moindre chance de demeurer vivants. Hervé Guay, Le Devoir, 7 juin 2004

Être ou ne pas être amérindien?

Cette pièce est étroitement liée aux rencontres intervenues au fil des ans entre Ondinnok et de jeunes aspirants acteurs autochtones. Malécite, innu, huron-wendat ou atikamekw, ces individus ont en commun d’avoir pris la décision, envers et contre tout, de devenir  des artistes à part entière. En novembre 2002, en collaboration avec l’École nationale de théâtre du Canada, Ondinnok tient un atelier-pilote de formation en théâtre pour les autochtones. Parmi les participants, se trouve Dave Jenniss, un jeune malécite. L’intensité de son désir d’acteur et les questionnements identitaires qui le déchirent incite Ondinnok à lui proposer d’incarner cet Hamlet autochtone contemporain. Une question le hante: être ou ne pas être amérindien?

Il y a ce perpétuel débat au sein des communautés amérindiennes, poursuit Messier. Jusqu’où peut-on s’adapter à la réalité des blancs sans risquer d’y perdre quelque chose? Il en résulte une quête d’identité très semblable à celle du Hamlet de Shakespeare. Qui suis-je,  que suis-je devenu? Jean-Frédéric Messier en entrevue avec le Voir, 2 juin 2004

Défi théâtral où les lieux ( l’American Can, une usine désaffectée d’Hochelaga-Maisonneuve ) devenaient la scénographie d’Elseneur, ce château pourri du Danemark, vide et vaste où le paysage urbain de Montréal devenait géographie théâtrale nourrissant le sens du drame. Réunissant, pour la première fois dans l’histoire de la compagnie, une distribution entièrement autochtone, Hamlet le Malécite a été un succès critique et public. La richesse de son propos a intéressé un producteur de cinema qui a proposé à Yves Sioui Durand de le porter à l’écran. C’est ce qui sera fait en août 2010 avec Mesnak, un film dur et nécessaire, le premier long métrage tourné au Québec par un réalisateur autochtone.

Hamlet vient montrer la déchirure de sa société, l’absence de l’art, de liberté de parole, l’incapacité de se rêver tel que l’on est au-delà du mensonge collectif, le déracinement au sein d’une culture sans éthique en plongée dans l’amnésie de sa propre origine. Planète Québec, 15 mai 2004

Dates des représentations

  • 1 au 19 juin 2004 – Montréal, American Can

Équipe

Auteurs | Jean-Frédéric Messier et Yves Sioui Durand
Metteur en scène | Jean-Frédéric Messier
Interpètes | Karine Awashish, Charles Bender,  Yvon Dubé, Dave Jenniss,  Marjolaine McKenzie, Jacques Newashish et Kathia Rock
Concepteurs des décors | Frédéric Lessard, Marie-Claude Pelletier et Sharon Scott
Musiciens | Jacques Awashish et Kathia Rock
Conceptrice des costumes | Ginette Grenier
Concepteur d’éclairage | Geoffrey Levine
Vidéaste | François Péloquin
Illustration | Raymond Dupuis
Maquilleuse | Suzanne Trépanier
Chorégraphe de combat | Huy Phong Doan
Assistante à la mise en scène | Annie Beaudouin
Directeur technique | Patrice Moïse
Photographe | Benoit Aquin
Graphisme | Corbeau blanc Design
Chargée des communications | Lucienne Losier
Relationiste de presse | Karine Cousineau

Producteurs | Ondinnok