Kmùkamch, l'Asierindien

2002

Synopsis

Kmùkamch est un vieillard incapable de se résoudre à laisser la jeunesse et les plaisirs. Il s’offre une cure de jouvence en faisant l’amour à sa fille Hakalasi, qui porte elle-même un amour incestueux pour son frère, Lynx. Kmùkamch est jaloux de son fils. Il lui envie son épouse, Latkakawas, sa beauté et sa jeunesse. Par un de ses subterfuges de sorcier, il l’isole dans le nid de l’aigle et lui dérobe tout ce qui faisait sa vie. Combien de temps le vieillard s’en sortira-t-il vainqueur? Tsorédjowa, l’Aigle-Caribou, et une conteuse veillent sur ces âmes en peine et lient ces spectres aux vivants lancés sur leurs traces.

Indiens du monde

Une jeune fille verse le thé aux spectateurs, rassemblés sous la yourte. Elle est la porte pour accéder à l’univers de Kmùkamch. En cette nuit fraîche de printemps, les spectateurs, les vivants tiennent une lanterne à la main et se préparent pour un périple inattendu. Ils sont conviés à un parcours théâtral qui les transporte dans des lieux imaginaires, au cœur des mondes inconnus d’une Sibérie lointaine. Sur leurs chemins, ils aperçoivent des photos de femmes autochtones disparues, exécutées et torturées rappelant que la réalité s’approche bien souvent des mythes dramatiques. Inspiré par l’apparentement des peuples nomades d’Asie et d’Amérique, le thème principal du spectacle est le refus de vieillir et ses conséquences dramatiques. Installations scénographiques, récits, actions chamaniques se juxtaposent pour recréer l’histoire magique de Lynx, de sa mort et de sa renaissance.

Ondinnok présente là une pièce étonnante, parfois déstabilisante, souvent magnifique, véritable voyage à travers le temps, l’espace et les mythes. Le plus extraordinaire demeure l’adéquation entre la pièce et le décor naturel. S’inspirant de mythes d’Asie et d’Amérique, de la migration des peuplades asiatiques vers l’Amérique du Nord où ils deviendront les Inuits et les Amérindiens, Yves Sioui Durand s’est penché sur un thème d’actualité : le refus de vieillir. Qui refuse de vieillir rompt nécessairement le cycle naturel de la vie et met en péril ce qui l’entoure. Marie-Christine Blais, La Presse, 3 mai 2002

Ondinnok superpose au territoire symbolique du Jardin de Chine et du Jardin des Premières Nations du Jardin botanique de Montréal, un territoire imaginaire qui cherche à briser les limites du ghetto dans lequel sont enfermés les autochtones. Pour échapper au rôle prédéterminé et folklorique, ils ont choisi de ne pas être Amérindiens, mais bien Asierindiens. Il s’agit donc d’une prise de position poétique et politique, car ils ne sont pas uniquement les Indiens d’Amérique, mais plutôt les Indiens du monde! L’auteur transgresse les frontières établies par les Européens, et trace sa propre géographie, créant ainsi de nouvelles solidarités. L’oeuvre devient un territoire imaginaire où toutes rencontres et toutes transformations sont possibles.

Mais il y a plus que la beauté des lieux, il y a une histoire qui, sous des allures de légende ancienne sur la perte de l’innocence, traite d’une obsession ô combien actuelle, celle de la beauté et de la jeunesse. Jusqu’où l’homme est-il prêt à aller pour rester jeune, fringant et puissant? Catherine Hébert, Voir, 5 mai 2002

La légende de Kmùkamch est le dernier volet de la trilogie théâtrale fondée sur la question : qu’est-ce qu’être amérindien au 20e siècle?

Dates des représentations

  • 24 avril au 5 mai 2002 – Montréal, Jardin botanique de Montréal

Équipe

Auteur et metteur en scène | Yves Sioui Durand
Interprètes | Charles Bender, Aimee Lee, Mireille Naggar, Brigitte Poupart, Karine Ricard et Yves Sioui Durand
Directrices de production | Catherine Joncas et Andrée Saint-Laurent
Directeur technique | Étienne Boucher
Régisseuse | Annick Asselin
Paysagiste | Catherine Granche
Conceptrice d’éclairage |Caroline Ross
Conceptrice de costumes | Ginette Grenier
Musicienne | Maryse Poulin
Relationniste de presse | Karine Cousineau

Producteurs | Ondinnok