Le Désir de la reine XOC

1994

Synopsis

Cette nuit encore, nous écoutons la douce voix de notre reine ancestrale, la reine Xoc qui rêve de l’autre côté de la nuit étoilée. Aujourd’hui, il y a 1300 ans, nous allons tuer une chose et fabriquer un être nouveau qui puisse vaincre la faim et rénover le monde…  extrait de Le Désir de la reine XOC

Un groupe d’hommes et de femmes Mayas-Tzotzil se rejoignent dans les montagnes du Chiapas aux abords d’un ancien temple en ruine. Ils officient une cérémonie qui hybride les croyances mayas et le catholicisme, la religion imposée. Ils fabriquent un être de bois qui deviendra leur vengeur. Deux femmes se transforment et s’affrontent sous la forme d’un jaguar et d’un cerf. De leur côté, les hommes deviennent pirates des mers, puis seigneurs corrompus et alcooliques jusqu’à se transformer en dictateur et en lutteur populaire mexicain et enfin en Judas et en Jésus-Christ. Révolution, massacres, trahisons et rituels sacrificiels rythment cette théâtralité qui échappe à toute description.

À l’aube d’une nouvelle ère

Une question cruciale se pose : comment conserver la tradition à travers la modernité? Comment la rénover pour qu’elle garde son sens? C’est un combat contre la mésinterprétation de toute tradition, contre les symboles vidés de leur sens, contre l’appauvrissement culturel des Amérindiens d’aujourd’hui. Le Désir de la reine XOC est une tentative virile pour déjouer la bêtise.

Pour cette creation, Ondinnok s’inspire du carnaval de Zinacantan au Chiapas et des extraits du livre sacré Le Chilam Balam de Chumayel, dont les prophéties inspirent toujours la résistance culturelle des Maya depuis la conquête espagnole. Cette création fut comparée à un vaudeville de la consommation de masse et fut qualifiée de théâtre expérimental à risque. Le Désir de la reine XOC est le deuxième volet du projet Inuit | Maya.

Le Désir de la reine XOC noue mythe et jeu, drame d’acteurs et vaudeville de la consommation de masse. Ici, la proposition théâtrale transperce, transculture, transverse et transgresse les opacités du temps, des rythmes et de la linéarité de l’histoire officielle. Nous voici Mayas de tous les temps, nous voici les enfants d’Ataensic, Iroquoïens et Algonquiens, nous sommes Inuit et Tibétains. Nous sommes les Chiapas, à Kanesatake et à Lhassa. Guy Sioui Durand, Terres en vues volume 3 numéro 1, 1995

Souhaitant se rapprocher du public, c’est dans une optique de partage et d’ouverture qu’Ondinnok choisit de produire la pièce au Centre Interculturel Strathearn en mai 1994. Le Désir de la reine XOC est la première distribution d’Ondinnok ne comptant aucun autochtone outre Yves Sioui Durand, et ce, dû au manque de comédiens des premiers peuples. C’est un triste constat pour la compagnie qui est alors à l’aube de ses 10 ans.

Contexte historique

Le 1er janvier 1994, l’armée zapatiste de libération national se soulève contre l’oppression et l’injustice que vivent les Indiens mayas au sud du Mexique et en réaction à l’entrée en vigueur de l’Aléna. Rapidement, le mouvement deviendra mondial et le sub-commandante Marcos, une icône. La solidarité des Premiers peuples et des divers groupes d’opposition au capitalisme néo-libéral donne le coup d’envoi au mouvement altermondialiste. Malgré le bain de sang évité, les villages Zapatistas du Chiapas sont encore aujourd’hui sous haute surveillance militaire et ceux-ci luttent toujours pour leurs terres, leur culture et leurs droits.

Étrange. Nous avions commencé à travailler à ce spectacle sacrilège au début de 1993. Comme une prémonition de ce qui allait advenir. Yves Sioui Durand

Dates des représentations

  • 9 au 19 novembre 1994 – Montréal, Centre interculturel Strathearn

Équipe

Metteur en scène | Yves Sioui Durand
Auteur et directrice de production | Catherine Joncas
Interprètes | Micheline Dahlander, Gérald Gagnon, Christine Foley, Catherine Joncas, Yves Sioui Durand et la voix de Monique Joly
Concepteur du décor et des costumes | Jean Bard et son assistante Michèle Gagnon
Concepteur des éclairages | Guy Simard
Compositeur et musicien | Michel Smith
Régisseur | Anne Plamondon
Directeur technique | Sylvain Malo.