Le grand voyage du «Porteur des peines du monde»

1986-1993

Synopsis

Le porteur, mi-homme et mi-oiseau, porte sur son dos sa propre mort. À travers un voyage allégorique au coeur du feu nouveau, l’indien vient se délivrer de cette mort en la transformant sur le bûcher solaire en un magnifique épervier blanc. Ce rituel archaïque très puissant réunit des Amérindiens du nord et du sud pour évoquer leur lutte de survivance contre l’alcoolisme, la perte d’identité, la violence, le génocide et la blessure écologique à notre terre. Le Porteur des peines de monde se veut une  affirmation et un acte d’espoir pour les nouvelles générations. Renaître. Remonter à la lumière. Vaincre la mort.

Le Porteur devient nomade

Entre 1986 et 1993, le Porteur des peines du monde nomadise hors du territoire d’Hochelaga. Ce grand «happening» amérindien connaît plusieurs équipes de production composées d’artistes provenant de différentes nations; Innus, Ojibway, Mohawk et même des Queshuas, Indiens boliviens.

En 1987,  la pièce est jouée pour la première fois dans une réserve, à Maliotenam, dans le cadre du Festival Innu Nikamu. Le spectacle contraste et choque dans ces lieux où l’église est encore omniprésente. Impressionné à souhait, le public demande à revoir l’oeuvre une seconde fois. Dans la même année, le Porteur est présenté à Kebec au Festival d’été. Chaque soir, une foule de plus de 1200 personnes se presse pour voir cet événement spectaculaire sur l’esplanade d’Auteuil.

L’appel du Porteur des peines du monde se fait aussi entendre de l’autre côté de l’océan lors d’une tournée européenne en France et en Angleterre.

1992 est une année bien spéciale. D’abord l’oeuvre est publiée par la maison d’édition Leméac. De plus, le Porteur se rend au Sud pour une première rencontre interaméricaine du théâtre communautaire indigène d’Oaxaca au Mexique. Dans ces lieux où le fantôme de Cortès règne toujours, la pièce est jouée entre deux églises coloniales datant du 16e siècle, soit la période des grands massacres. Ce premier échange entre le théâtre autochtone du Nord et du Sud marque le début d’une longue collaboration pour Ondinnok.

C’est aussi l’année où le Porteur des peines du monde célèbre ses sept ans. Pour clore ce cycle son auteur, Yves Sioui Durand, désire pousser encore plus loin la démarche de l’oeuvre. Le spectacle est présenté pour le 350e de la ville de Montréal sur le même terrain vague qui l’avait vu naître. Dans le contexte de la crise d’Oka, le racisme est palpable, la présence du Porteur dans ces lieux chargés de symboles devient plus que jamais essentielle.

Dans la nuit sous les buildings du centre ville, sous les flammes des feux allumés dans un terrain vague, des fantômes arrachés au sol dont les avait recouverts refont surface et lancent à l’univers de brique et de béton qui les entoure, leurs millénaires témoignages et telluriques oracles. André Dudemaine au sujet du Porteur des peines du monde, 1992

Dates des représentations

1987

Juillet – Ville de Québec, Festival d’été de Québec

Août – Maniotenam, Festival Innu Nikamuc

1988

Juillet – St-Jean, Terre-Neuve, Sound Symposium Festival

1989

30 juin et 1 juillet  – France, Festival international d’été de Nantes

25 et 26 juin – France, Montpellier, Montpellier danse

Juin – Angleterre, Glastonbury, Glastonbury Festival

1992

Automne – Mexique, Oaxaca, Primer Encuentro Interamericano de Teatro Comunidad

10 au 14 septembre  – Montréal, 350e de Montréal

1993

29 septembre  – Italie, Florence, Festival Intercity Montreal

Le Porteur des peines du monde fut créé en 1985 dans le cadre Festival du théâtre des Amériques, et se conclura à Banff en tant que The Sun Raiser.

C’est un spectacle qui ne parle pas seulement des autochtones. Le Porteur des peines du monde s’adresse aux deux mondes. La réaction des nombreux non-autochtones qui sont venus me voir après le spectacle, et ce, aussi bien en Europe qu’ici en est la preuve. Cette oeuvre donne l’opportunité à de nombreuses personnes de s’approcher et de toucher de manière intime et authentique à la culture autochtone; c’est là quelque chose de très rare. L’éveil des peuples Amérindiens, c’est le coeur de l’Amérique qui se remet à battre, comme un immense tambour, c’est le changement du monde. Yves Sioui Durand, 1992

Équipe toutes représentations confondues

Auteur et metteur en scène | Yves Sioui Durand
Comédiens | Jocelyne Bérubé, Joachim Copeau, Carlos Ditmeyer, Flint Eagle, Catherine Joncas, Réjean Gauvin, Efraim Guttierez, Jean-Baptiste,  Jean-Pierre Matte, Véronique Régis et Yves Sioui Durand
Tambours traditionnels | Whirlwind Singers (Paul Nadjiwan, Jim Oshkineejish et Gordie Simon) et Wabano Nika (Denis Kistabish, Harry Wilde et Roger Wilde)
Concepteur d’éclairages | Guy Simard
Directeur de production et technique | Sylvain Malo
Compositeur | Michel Smith
Scénographes et costumiers | Marc-André Coulombe, Yvan Gaudin et Richard Lacroix
Assistant à la mise en scène | Martin Meunier
Régisseur | Marc Patry et Normand Blais
Chargée des communications | Lucienne Losier
Attachée de presse | Claudine Raymond