Le Maître de la rosée

2012

Synopsis

Peyake mina… Il était une fois… une vieille femme, Rose Billy, qui vivait seule dans une cabane au fond des bois. La solitude et le besoin de compagnie attirent des visiteurs inattendus. Un fils qui s’ennuie de sa mère. Un fantôme qui cherche une issue. Un très vieux castor qui avant de mourir raconte son histoire d’amour avec une belle humaine. Et les coeurs s’ouvrent. Et les larmes coulent. Et tous se retrouvent sur cette grande île primordiale, ôma minisitk, la terre où nous habitons maintenant. Et chacun trouve à sa façon la paix dans la cabane de Rose Billy.

Ode au désir et à la nostalgie en trois temps

Tandis que le fils se souvient de ce conte, la mère disparue, elle, raconte la création du monde, comment le rat musqué a ramené de la terre du fond de l’eau et comment ce petit morceau de terre serré entre ses pattes est devenu le monde. Daphné Bathalon, MonTheatre.qc.ca, 13 février 2012

Traduction de la pièce Governor of the Dew, Le Maître de la rosée est issu d’une histoire que la mère de Floyd Favel, l’auteur, lui racontait. La nostalgie de ce monde merveilleux est portée par trois personnages : le narrateur, sa mère et la vieille Rosie. L’histoire que le vieux castor raconte à Rosie est tragique : la femme blanche qu’il a emmenée avec lui dans sa cabane a rendu malade tous les castors. Tous les membres de sa famille sont morts sauf lui. Son amour a causé la perte de son peuple. La pièce évoque en filigrane l’histoire du peuplement de l’Ouest canadien et ses conséquences sur le peuple cri: les maladies et la mort. Originaire de la communauté cri de Pound Maker dans le nord de la Saskatchewan, Floyd a écrit cette pièce lorsque sa mère est décédée. Le Maître de la rosée est une histoire inspirée de sa relation avec celle-ci.

Mêlant le français, le cri des Plaines et l’anglais, le spectacle accorde une place importante au mouvement et à la musique composée par Jean-Frédéric Messier et interprétée par Kathia Rock. C’est une histoire douce-amère, triste certainement, mais qui ouvre sur un apaisement et une transformation. Nostalgie de l’enfance, nostalgie du monde d’avant la venue des blancs, du monde d’avant la faute. Le désir qui vient brouiller les cartes, qui fait poser des gestes inconsidérés, causant peine et parfois catastrophes mais le désir est aussi la force de la vie. Catherine Joncas a fait du Le Maître de la rosée un rituel de deuil et de renaissance, en s’appuyant sur ce qui est plus grand que nous, cette vie que malgré toutes nos prétentions nous ne dominons pas.

Le Maître de la rosée est un conte. Comme tout conte, il nous ramène dans ce temps d’innocence où les animaux parlaient et où les humains écoutaient. Ce temps du début des choses que nous avons besoin de retrouver parfois pour faire la paix avec nous-mêmes. Comme Floyd, je crois que les âmes de ceux que nous avons aimés nous accompagnent. J’aime sa plongée dans le monde des esprits et l’univers si particulier de la culture cris où tout vit et où tout est relié par d’invisibles liens. J’ai voulu travailler sur ce texte tout doucement avec intuition et humilité. Catherine Joncas, metteure en scène

Dates des représentations

  • 8 au 25 février 2012 – Montréal, Théâtre Denise Pelletier

Équipe

Auteur | Floyd Favel
Traducteur | Jean-Frédéric Messier
Metteuse en scène | Catherine Joncas
Collaboratrice à la mise en scène et direction mouvement | Francine Alepin
Interprètes | Catherine Joncas, Jean-Frédéric Messier et Kathia Rock
Scénographie | Patrice Charbonneau-Brunelle
Conceptrice des costumes | Sharon Scott
Concepteur des éclairages | Yan Lee Chan
Concepteur musical | Jean-Frédéric Messier
Assistante à la mise en scène | Josiane Fontaine-Zuchowski
Régisseur | Emanuelle Langelier
Directeur technique | Geoff Levine