Le Rendez-vous | Kiskimew

2000-2001

Synopsis

Le premier rôle que j’ai joué a été celui d’une petite indienne à qui Mère Marie de l’Incarnation apprenait à lire. Très vite, la matité de ma peau et la couleur de mes cheveux m’ont placée parmi les étrangers. J’ai fini par rencontrer des indiens en chair et en os. Je les ai connus. Je les ai aimés. Parfois encore, on me prend pour l’une d’entre elles. Mais moi, je sais qui je suis. Chaque pas que j’ai fait vers eux était un pas vers moi. La fille au dictionnaire, Le Rendez-vous | Kiskimew

Une jeune femme mène une enquête sur les circonstances de sa vie. Sa plongée dans l’univers de la langue cri lui ouvre un chemin inattendu vers son monde intérieur et attire autour d’elle toute une série de personnages aux identités incertaines : un professeur de la langue atikamekw, une aïeule au savoir perdu, une immigrante clandestine, une jeune délinquante égarée et un homme ordinaire au-dessus de tout soupçon. Le dictionnaire, datant de 1872, passe alors de main en main pendant que plane le passé de l’Amérique et le spectre du père Lacombe, missionnaire oublié de la Rivière Rouge. Un rendez-vous amoureux à la limite de nos sentiments identitaires.

Kicteritcikewim

Dans cette quête identitaire qui va à l’essence de son être, mais sans aucun voyeurisme autobiographique, elle plonge dans le travail d’écriture justement en interrogeant les mots, mais cette fois elle commence par les mots de l’Autre. J’ai été séduite par cette écriture qui joue habilement de la pudeur et du mystère, mais où des pointes d’une forte violence viennent soudainement nous rappeler le lourd bagage que la vie nous oblige à porter, parfois. Marie-Ève Gagnon, conseillère dramaturgique

Après 15 ans à plonger corps et âme dans la culture autochtone, à redécouvrir la mythologie oubliée de l’Amérique, et à développer un théâtre à la fois revendicateur et libérateur pour les Premiers Peuples, Catherine Joncas est prête à livrer son expérience. Un vieux dictionnaire Cri que l’auteur avait reçu de son grand-père devient l’élément déclencheur de cette histoire. Ce texte doit beaucoup à son amitié avec Jean-Marc Niquay, comédien du groupe de théâtre atikamekw de Manawan et grand connaisseur de sa langue. Par sa théâtralité, la pièce propose de faire saisir aux spectateurs, toute la poésie, toute la richesse imaginaire auxquelles la langue crie fait appel. Une vision poétique et très personnelle de la perte de la culture, des cultures et plus intimement, de l’amour, revisité à travers des dialogues brefs et des monologues souvent cousus de silences puissants. Le rendez-vous se penche sur toutes ces petites rencontres parfois réussies, parfois manquées, entre blancs et autochtones.

Les mots sont le fil conducteur de ce très beau texte de Catherine Joncas. Le Rendez-vous | Kiskimew a le courage d’aborder la peur, la fascination et l’incompréhension entre deux peuples en quête d’eux-mêmes. La honte aussi. L’amour peut-être. L’intérêt, en tout cas. Et les mots, telles des passerelles, des mains tendues. Comme kwe (bonjour), sâkihituwin (amour mutuel), kicterimitise (respecte-toi)….Et surtout meguetch, merci. Marie-Christine Blais, La Presse, 9 juin 2000

Catherine Joncas signe ici sa première mise en scène chez Ondinnok. Pour la compagnie,  Le Rendez-vous | Kiskimew jette les bases d’une nouvelle étape. La pièce s’éloigne du théâtre mythologique et propose une esthétique différente. Elle apporte une assise importante à l’échafaudage vacillant de notre connaissance véritable des Amérindiens. Par le théâtre, l’auteur souhaite créer un pont entre les deux cultures. La distribution composée de deux acteurs atikamekws et de trois acteurs québécois est d’ailleurs représentative de cette démarche.

Merci à Catherine Joncas de nous rappeler que nos identités personnelles et collectives en terre d’Amérique sont inextricablement liées, quoi qu’en dise, à l’héritage des premiers occupants. Courage et respect sont les mots qui définissent le mieux la démarche de cette artiste non autochtone, dont la vision agit sur nous comme un miroir. Théâtre de guérison, Ondinnok nous invite à panser les plaies du passé… pour que le XXIe siècle soit celui de la réconciliation et de la compréhension mutuelle. L’équipe du Théâtre français du centre national des Arts d’Ottawa et Denis Marleau

 

Dates des représentations

  •  2 au 10 juin 2000 – Montréal, Espace Libre
  • 13 au 16 décembre 2000 – Ottawa, Centre national des arts
  • 11 au 13 octobre 2001 – Québec, Salle Multi de Méduse

Équipe

Auteur et metteur en scène | Catherine Joncas
Collaborateurs au texte | Robert Lalonde et Florent Vollant
Conseillère dramaturgique | Marie-Ève Gagnon
Interprètes | Roch Aubert, Catherine Joncas, Jean-Marc Niquay, Rosalia Petitquay, Brigitte Poupart (Québec) et Catherine Sénart (Montréal et Ottawa)
Scénographe | Catherine Granche
Conceptrice des costumes | Francine Martin
Conceptrice d’éclairage | Sylvie Morisette
Conceptrice musicale | Maryse Poulin
Directeur de production | Sylvain Pelletier
Assistante à la production | Andrée St-Laurent
Régisseuses | Annick Asselin et Colette Drouin
Directeur technique | Éric Locas
Sonorisateur | Jean Gaudreau
Responsables des communications | Lucienne Losier et Claudine Raymond
Producteur | Ondinnok et le Théâtre français du centre national des Arts d’Ottawa