Le Secret le mieux gardé d’Amérique

1999

Synopsis

En 1534, lors de son premier voyage, Jacques Cartier remonte le Saint-Laurent et rencontre un groupe d’iroquoïens et leur Roi à Hochelaga À son retour, l’année suivante, il trouve la bourgade déserte et les indiens disparus. Que s’est il passé? Suivant une prophétie gardée secrète depuis des générations chez les Iroquoiens, le corps du Roi d’Hochelaga aurait été momifié et congelé dans un immense bloc de glace au fond d’une des grandes cavernes de l’est de l’île de Montréal. À l’aube du nouveau millénaire, le temps du retour du Roi est venu. Ondinnok et un groupe d’indiens se proposent de le dégeler et de découvrir le secret qu’il doit léguer à l’humanité.

Le Roi d’Hochelaga

Un canular théâtral, joué en plein mois de janvier par moins 25 degrés, à la belle étoile et sous une grande tente cérémoniale (shaputuan) sur la place du Marché Hochelaga-Maisonneuve. Cette fabulation confondait réalité, archéologie, histoire et fiction, détournement de l’histoire et blague. L’expérience a si bien fonctionné que plusieurs spectateurs furent convaincus de la véracité des faits. Ondinnok a fait appel à un sculpteur sur glace renommé, Jacques Baril, qui est venu d’Abitibi pour parfaire l’apparence du Roi. Du haut de son art, il a prêté main forte pour rendre vraisemblable cette intervention théâtrale jouée dans des conditions climatiques extrêmes. Le Secret le mieux gardé d’Amérique fut un moment de folie présenté en coproduction avec le Théâtre Momentum dans le cadre du projet: Douze messes pour le début de la fin des temps, composé d’un spectacle different présenté quatre fois à chaque mois de l’année 1999.

Il fallait pour commencer la Fin des temps, un projet qui nous parle de notre passé, des premiers habitants, bref, il fallait parler de notre identité. hebdomadaire ici, 1999 

Dans le grand shaputuan chaque soir avec des pierres brûlantes, Jean-Marc Niquay tentait d’extraire le roi de son suaire glacé. Et chaque soir, la cérémonie était interrompu par différents émissaires, un envoyé du cardinal Turcotte qui venaient réclamer le roi pour s’approprier le message caché. Mais le fantôme du découvreur, revenu hanter les lieux d’Hochelaga, parce qu’il a échoué dans sa tentative de guérir l’Agouana, veille sur la momie et ne les laissera pas faire.

Coup de théâtre non prévu pour la première, une équipe de télévision est entrée en même temps que Stéphane Crête dans la tente, ce qui a donné à la pièce un côté encore plus 1999, avec son obsession de la couverture médiatique à tout prix. Marie-Christine Blais, La Presse, 1999

Ce spectacle a donné lieu à une joyeuse rencontre  entre comédiens autochtones et non-autochtones et invités spéciaux comme le lutteur Mohawk Billy Two-Rivers ou un homme avec le véritable prénom de Jacques Cartier. Le message du Roi d’Hochelaga était peut-être celui-ci: « Nous sommes tous parents. La maladie dont je souffre ne se guérira que par cette reconnaissance mutuelle. Blancs et Indiens, prenons un nouveau départ. »

En nous plongeant dans la matérialité du froid, de la terre, du feu, de la glace et du vent, Sioui Durand et Joncas ont réussi à créer un climat où spiritualité et sensualité ne s’écartent jamais. «Notre esprit est notre corps», dit justement la femme du roi (Dominique Pétin) lorsqu’elle convainc Cartier de la considérer comme un cadeau du roi (…) On voudrait que de telles initiatives se multiplient et se prolongent, qu’un public plus large puisse entrer en contact de manière aussi concrète avec une culture et une mythologie dont on néglige l’importance. Solange Lévesque, Le Devoir, 1999

 

Dates des représentations

  • 14 au 17 janvier 1999 – Montréal, Marché Maisonneuve

L'équipe

Concepteurs | Catherine Joncas et Yves Sioui Durand
Metteur en scène et scénographie | Yves Sioui Durand
Interprètes | Stéphane Crête, Yvon Dubé, Hélène Major, Jean-Pierre Matte, Jean-Marc Niquay, Jean-Pierre Ottawa, Dominique Pétin, Yves Sioui Durand, et 20 autres participants
Assistante | Claudia Poirier
Directeur technique | Patrick Durnin
Sculpteur sur glace | Jacques Baril
Directeur de production | Lucie Juneau
Participation spéciale | le Conseil des jeunes du Centre d’Amitié autochtone de Montréal, les Thunder Hawk Dancers de Kahnawake et  Monsieur Billy Two Rivers.
Producteurs |  Ondinnok et Momentum