Ononharoi'wha ou Le Renversement de cervelle

1986-1991

Synopsis

En 1649, la Huronie, autrefois connue comme une nation fière et prospère, est ruinée. Les efforts de conversion, les épidémies, la dépossession territoriale et les guerres causent l’éclatement de la confédération huronne-wendate. Cette histoire est racontée par les Jésuites, ceux-là mêmes qui sont la cause principale de ce drame. «Tu nous as renversé la cervelle!» disait un chef huron au Père Brébeuf. Dans Ononharoi’wha ou Le Renversement de cervelle, Yves Sioui Durand démontre que raconter son histoire, c’est toujours y survivre.

 

La tragédie huronne vue par les Jésuites

Une histoire campée dans notre territoire, mais qui raconte parallèlement le fardeau et le destin de presque tous les Indiens d’Amérique. Au-delà de la tragédie, cette représentation permet de transmettre la survivance de la culture huronne-wendate, par l’utilisation des masques, des danses et des chants.

J’ai voulu montrer par le théâtre la perversité de l’effort de conversion et faire ressentir que cela continue encore aujourd’hui avec la même intention qui est de  changer notre pensée, notre vision de nous-mêmes en démonisant nos croyances et notre spiritualité. La mémoire de ce drame tisse notre identité moderne. Yves Sioui Durand

Ononharo’wa ou Le Renversement de cervelle est construit à partir d’un collage d’extraits des relations des Jésuites relatant les principaux épisodes de la destruction de la Huronie. En lien direct avec Le Porteur des peines du monde, ce spectacle est présenté à l’extérieur dans une scénographie utilisant des éléments de la nature: perches d’aulne et de bouleaux, maïs, feuilles mortes, sable et feu.

La musique est celle des chants accompagnant les danses de la longue maison iroquoïenne. Les masques sont ceux des faux visages, les masques guérisseurs des Hurons. Une maison longue morcelée et un soleil de feuilles d’automne font office de décor pour ce spectacle extérieur avec en arrière plan, la réplique du bateau de Jacques Cartier. Les performeurs dansent et jouent sur la narration. Les soleils font place aux croix des cimetières pendant que les acteurs officient une cérémonie de retournement de l’histoire.

Pour Ondinnok, c’est le deuxième spectacle et même s’il est modeste dans ses moyens, il marque un engagement vers une démarche artistique authentique. Cette première incursion dans le monde huron annonce aussi Atiskenandahate créé en 1988. Cet essai théâtral deviendra également une série de quatre émissions dramatiques radiophoniques présentées en 1989 par la Société Radio-Canada.

Dates des représentations

  • 10 octobre 1986 – Parc Cartier Brébeuf, évènement L’Été des Indien
  • Août 1989 – Maniotenam, Festival Innu Nikamu
  • 1991 – Montréal, Maison de la culture de Côte des neiges

Équipe

Metteur en scène et scénographe | Yves Sioui Durand
Interprètes | Catherine Joncas et Yves Sioui Durand
Compositeur et musicien | Vincent Beaulne
Conteur | Jocelyn Bérubé
Concepteur d’éclairages | Sylvain Malo
Aide à la mise en scène | Jean-Pierre Matte
Concepteur des masques | Michel Pellerin