Opitowap

1995

Synopsis

Création collective basée sur des improvisations, des rêves et des histoires racontées par les participants, l’oeuvre mettait en scène la violence qui afflige la communauté et la nécessité du retour aux traditions et aux pratiques spirituelles pour s’en guérir.

Avant que l’homme ne fût, l’animal était. Quand l’homme fût, au premier instant du premier regard, en frère, ils se reconnurent.  À la coupe de la complaisance, ils burent. La complicité scella la nouvelle fraternité. C’est l’homme qui rompit le charme. Chassé dans la vallée des larmes, il engendra sa douleur, fantômes de ses peurs. Voyant cela, Mikisiw, être ailé vieillissant se remémora les temps complaisants. Il se souvint de ce que l’homme fut, ce pourquoi il l’avait l’aimé. C’est alors qu’il lui vint une idée. Messager du monde visible et invisible, Mikisiw s’élança dans l’espace et à tire d’ailes partit à la recherche de ce qui communiait à l’homme. Il trouva et ramena l’Opitowap, pacte universel du temps fraternel, semence du rêve et de l’espoir. Caché dans sa chair, à l’image de sa chair, l’animal frère, initiateur bienveillant, le sauvegardera. L’Opitowap est revenu à l’homme. À l’infini la ronde se reforme. Tel est le rêve, tel est l’espoir.  Marie-Louise Niquay auteure et poète atikamek, membre du théâtre de guérison saison 1995 et 1996

 

L'éveil de Manawan

De 1995 à 1997, Ondinnok a développé un Théâtre de guérison à la demande de la communauté atikamekw de Manawan en Mauricie. Opitowap est le premier spectacle créé dans ce contexte. Ce mot profondément Atikamewk traduit toute la puissance magique de la culture des chasseurs. Ceux-ci rencontraient parfois dans le corps des grands animaux, une forme ayant l’aspect d’un foetus. Ils s’appropriaient de cette protubérance et en faisaient une amulette protectrice qui leur portait chance. C’est ce que la communauté de Manawan a fait avec le théâtre d’Ondinnok. Ils ont trouvé leur Opitowap, leur chemin protecteur et leur capacité à toucher ce qui les blesse.

Je vis une vie qui n’est pas la mienne. Je sais que j’ai mon propre mode de vie, mais je ne le vis qu’à moitié. La nostalgie de mes ancêtres me revient souvent. Quelle était leur manière de prier? Comment était leur spiritualité? Quels étaient leurs rituels en qui concerne la nature? Extrait de Opitowap 

Opitowap est le premier spectacle de théâtre amérindien à Manawan. Il fut entièrement conçu dans la forêt avec une mise en espace éclatée. Des histoires triviales s’y entremêlent. Celles d’un peuple, de sa conversion et de son obligation à abandonner ses propres croyances, mais aussi celles de la découverte du plaisir de jouer et de la capacité d’émouvoir. Le lieu d’un dépassement du défaitisme ambiant.

La vie est belle, trop belle pour être tuée. Il faut la vivre de toutes ses forces. Dire oui! Et, quand un trop plein d’amour et d’énergie nous emporte, il faut chanter, danser, rire et pleurer. Faire du théâtre. La troupe de théâtre s’est laissé emporter. Elle a trouvé son Opitowap et elle l’offre à la communauté de Manawan. Aujourd’hui, nous plantons une petite graine. Espérons qu’elle deviendra un grand arbre. Catherine Joncas

Dates des représentations

  • 27 et 28 mai 1995 – Manawan, Centre communautaire de Manawan

Équipe

Auteurs | collectif
Metteurs en scène et formateurs | Yves Sioui Durand et Catherine Joncas
Interprètes |  Thèrese Dubé, David Flamand, Richard Moar, Jean-Marc Niquay, Marie-Louise Niquay, Mikon Ottawa, et Thèrese Ottawa
Directeur technique et régisseur | Sylvain Malo

Producteurs | Mikisiw et Ondinnok