Sakipitcikan

1996-1997

Synopsis

Deux familles de la communauté sont en discorde, se chicanant continuellement depuis très longtemps. Malgré tout, Roméo, le fils de Kokoje et Juliette, la fille de Kinuje sont passionnément amoureux. La famille de Kinuje ( homme poisson, grand brochet ) est plus traditionnaliste, plus indienne, malgré que Kinuje soit alcoolique, menteur et infidèle. Il dit être un grand chasseur, mais il est devenu paresseux et ne chasse jamais. Pourtant, il fut un temps où Kinuje était respecté pour sa grande connaissance de la forêt et ses pouvoirs chamaniques. La famille Kokoje (le Windigo des Atikamekws) est entièrement tournée vers les valeurs des blancs. Kokoje est ambitieux, matérialiste, corrompu, il ne pense qu’à l’argent et au développement. Son appétit démesuré pour tout est bien ancré dans la conscience collective.

Ici, se met en branle une tragi-comédie où les personnages qui s’affrontent ont tous une dimension mythologique exagérée. Le rire qu’ils provoquent permet une distance hors du danger qui menace réellement les individus, et surtout, les enfants. D’autres drames plus secrets se nouent et se dénouent. Trop souvent, ils laissent derrière eux des victimes innocentes. L’amour de Roméo et de Juliette parviendra-t-il à changer les choses?

Théâtre d'un voyage intérieur

Quand on dit de quelqu’un sakipitcikew, c’est qu’il fait un voyage intérieur pour aller chercher, connaître et exprimer toutes ses émotions. C’est ce qu’on appelle Sakipitcikan. Lorsque cette étape est franchie, vient alors celle du choix d’un nouveau chemin pour une nouvelle façon d’être dans une nouvelle façon de vivre. Roger Echaquan, membre de la communauté de Manawan

La deuxième année du théâtre de guérison fut celle du dépassement, de l’autodiscipline et de l’élévation du niveau de conscience des participants. Inspirée de Roméo et Juliette de Shakespeare, cette histoire propose un portrait sans détour de la communauté atikamekw de Manawan. Ici, il n’y a pas de confrontation entre Blancs et Indiens, il n’y a de confrontation qu’avec soi-même. Fort de son premier succès, le groupe de théâtre passe de sept à dix participants et plonge dans une création plus ambitieuse. Le niveau de jeu monte et la mise en scène se complexifie. Costumes, décors et éclairages transforme le centre communautaire de Manawan en une véritable salle de spectacle. C’est un succès. Le public de Manawan est conquis.

Théâtre propitiatoire à la plongée dans la mémoire et la spiritualité ancestrales, Sakipitcikan raconte ce que Manawan, longtemps paralysée de détresse, se cachait à elle-même. Bien au-delà de l’objectif de la représentation théâtrale, ce théâtre vise à représenter le réel de façon telle qu’il s’en trouve changé. L’acteur devient ici un quasi-chaman : il use de l’expérience théâtrale pour se transformer lui-même et de la représentation pour transformer sa communauté. Jean St-Hilaire, Le Soleil, 1997

Sous air de farce populaire, ce théâtre complexe a pour but d’éveiller une conscience collective à Manawan, comme dans les autres communautés autochtones. La troupe part en tournée en autobus nolisé, accompagnée du chef de la communauté, Ernest Ottawa ou d’autres intervenants qui s’adressent aux spectateurs avant et après la représentation.

Que de fierté et d’émotions vécues lors de la présentation de Sakipitcikan. Il est remarquable de de constater la prestation réaliste et concrète de vos comédiens relatant la vie, la situation sociale sans détour de votre communauté qui trouve aussi preneur dans notre communauté. Jean-Charles Piétacho, chef de la communauté innue de Mingan

Pour Ondinnok, ce spectacle, joué à la fois en français et en atikamekw, est l’aboutissement de dix-huit mois de travail de formation. C’est le premier spectacle dans toute l’histoire du théâtre du Québec à avoir été conçu dans une réserve indienne et à avoir tourné sur les scènes professionnelles du Québec. Sakipitickan reste un accomplissement majeur pour la compagnie, une réussite artistique et humaine qui l’inscrit dans le monde autochtone du Québec.

 Un spectacle qui s’adresse d’abord aux autochtones, mais qui arrive à sensibiliser tous les spectateurs, peu importe leur origine ethnique. Car Sakipitcikan est une grande fresque culturelle, un hymne à l’amour qui choisit le rire plutôt que les pleurs. Hélène Langlais, Le Nouvelliste, 1997

Dates des représentations

  • 29 au 31 mai 1996 – Manawan, Centre communautaire de Manawan
  • 17 et 18 novembre 1996 – Montréal, Gesù
  • 26 avril 1997 – La Tuque, Salle des Chevaliers de Colomb
  • 19 avril 1997 – Sept-Îles, Salle de spectacle Sept-Îles
  • 8 mai 1997 – Amos, Théâtre des Eskers
  • 24 mai 1997 – Ste-Foy, Salle Albert Rousseau

Équipe

Auteur | Collectif sous la direction de Yves Sioui Durand
Mise en forme du texte | Catherine Joncas et Marie-Louise Niquay
Metteurs en scène | Catherine Joncas et Yves Sioui Durand
Interprètes | Thérèse Dubé, Yvon Dubé, David Flamand, Pierre-Luc Flamand, Richard Moar, Jean-Marc Niquay, Marie-Louise Niquay, Marielle Ottawa, Tanyssa Ottawa et Thérèse Ottawa
Musicien | Sakay Ottawa
Éclairagiste | Sylvie Morissette
Concepteur des costumes | Jean Bard
Régisseur | Monika Ille et Marlène Lucas
Peintres et sculpteurs | Yvan et Alvin Ottawa
Directeur technique | Luc Baron
Concepteur des décors | Sylvain Malo
Chargée des communications | Lucienne Losier Producteurs | Mikisiw et Ondinnok