Ukuamaq

1993-1998

Projet Inuit | Maya

Ondinnok souhaitait explorer deux univers culturels amérindiens complètement opposés. Le froid, la glace, la chasse des animaux, le nord, la nuit avec les inuit. La chaleur, les fleurs, le maïs, le sang du sacrifice humain avec les mayas. Cette démarche artistique s’est construite sur ces explorations et ce rapatriement culturel pan-américain et la volonté de retrouver une théatralité authentique. Ukuamaq fut le premier volet de cette démarche artistique et il fut suivi du Désir de la reine d’XOC.

Synopsis

Je suis allée vers le soleil, là où personne ne va. La mer était remplie de phoques, juste pour moi. Du premier coup, j’en ai harponné un gros. Pour ma femme, pour moi oiseau adoré. Extrait de Ukuamaq

Une grand-mère inuk vit seule avec son fils. Laissée seule pendant de longues périodes, elle s’ennuie, fatiguée de coudre les peaux pour celui qui n’est pas son mari, ce fils taciturne qui n’aime que la chasse. Elle l’oblige à se trouver une épouse, elle lui dit d’aller au campement voisin. Là-bas il y a des jeunes femmes, qu’il en vole une si elle ne veut pas le suivre. De retour avec sa jeune épouse, la grand-mère s’éprend de la jeune femme et la désire ardemment. Un jour que le jeune chasseur revient de la chasse aux phoques aveuglé par l’ophtalmie des neiges, elle s’enfuit avec la jeune femme abandonnant ainsi son fils à une mort certaine. Celui-ci les retrouvera. Il tuera sa mère puis sa jeune femme quand celle-ci refusera de le suivre.

 

Ukuamaq au-delà de la légende

Ukuamaq est une légende inuit qui a été recueillie par Knud Rasmussen entre 1921 et 1924 dans le Grand Nord canadien. Ce n’est pas une légende comme les autres. Elle propose une déviance, une échappatoire à l’ennui résultant de l’habitude. Une volonté de transgresser les tabous, de chevaucher les frontières entre les rôles convenus et les sexes. Portée au rang de la tragédie, cette histoire nous précipite à la rencontre de la puissance du désir, et ce, même quand la mort en est la conséquence.

Ce théâtre traduit un mythe partagé par tous les Premiers Peuples. Le désir improbable d’une vieille femme pour une jeune femme, la transgression et la jalousie. Ici, le récit met en branle tout le corpus mythologique des Inuit, l’homme de la lune, Sedna ou Kanaaluk, la femme des profondeurs de la mer gardienne des animaux marins que les chamans doivent consoler au risque de leur vie. L’univers des Inuits est rempli d’esprits, d’ancêtres de parents décédés qui se transforment en animaux. Pourquoi raconter cette histoire? Parce que c’est un récit qui n’est castré ni par la religion, ni par la morale, cette histoire  a encore toute sa force opératoire. Cela nous a permis d’entrer dans le monde de la préconversion chez des humains où les passions  existent et où les histoires ne sont pas seulement des contes pour enfants, mais bien des récits pour adultes. Catherine Joncas

Ukuamaq a été produit par Ondinnok en  1993 à l’ancienne bibliothèque du collège Dawson dans une salle de spectacle improvisée en marge du Festival des Amériques. Cette aventure artistique intégrait un espace chorégraphique au sein du jeu théâtral. Un mélange savant de lumières, de gestuelles chorégraphiées et de musiques issues de la culture balinaise qui contribuait à mettre en scène toute la chaleur de cette passion au coeur d’un monde de froid et de glace. Une rencontre importante avec la chorégraphe Jocelyne Montpetit et la merveilleuse comedienne Monique Joly. À la demande de la compagnie Native Earth Performing Arts, Catherine Joncas traduit Ukuamaq en anglais.  La pièce a été présentée en lecture au Weeseekeejak Begins to Dance Festival en février 1998 à Toronto.

 

Dates de représentations

  • 5 au 10 juin 1993 – Montréal, Petit amphithéâtre du collège Dawson
  • 1998 – Toronto, Weeseekeejak Begins to Dance Festival

Équipe

Auteur | Catherine Joncas
Metteur en scène | Yves Sioui Durand
Assistant à la mise en scène | Jean-Pierre Matte
Danseuses et chorégraphes | Lina Cruz et Jocelyne Montpetit
Interprètes | Monique Joly, Daniel Searth Boun et Sandra Wong
Directeur technique, concepteur des décors et d’éclairages | Sylvain Malo
Compositeur et musicien | Michel Smith.