Wulustek

2008-2011

Synopsis

Depuis 5 ans, à chaque automne, la famille Miktouch se rassemble devant la clôture d’une compagnie forestière aux abords de la route 230. Elle y revendique pacifiquement un territoire ancestral en son nom et en celui de sa nation, les Malamek. La famille Miktouch, c’est d’abord Matthew le père, chef de la nation Malamek, sa femme Hélène, une Québécoise convertie aux pratiques rituelles amérindiennes, leurs fils Marc, dans la vingtaine, qui travaille au dépanneur de la réserve et David, jeune avocat exilé à Ottawa pour défendre la cause. Cette année, s’ajoute au groupe Julie, une journaliste québécoise en quête d’identité qui accompagne David. Sans oublier Jimmy, un indien innu, le gardien de la compagnie. On chante, on danse, on brandit des pancartes mais derrière la grille, il y a eu des grands changements… Et quand la vérité éclate au grand jour, devant leur territoire dévasté et la trahison du père, les personnages prendront la mesure de leur naïveté et de leur impuissance.

Wulustek nous entraîne loin des sentiers battus, mine de rien, trompant nos attentes trop sages et s’attaquant à plusieurs clichés, notamment en ce qui concerne l’indianité, qu’on associe volontiers à quelques pratiques nouvelles âge pour camoufler un certain appauvrissement culturel, une déroute identitaire. Josée Bilodeau, Radio-Canada, 9 juin 2008

Théâtre de l’imposture

On a créé une nation imaginaire pour que tout le monde puisse se reconnaître dans un contexte où la grande forêt est dévastée à l’échelle du monde. Ce texte vrai se veut un message pour toutes les communautés de ce monde. Avec Wulustek, je crois enfin qu’un devoir de mémoire commence petit à petit à s’accomplir. Dave Jenniss, auteur

En 2006, Ondinnok poursuit sa démarche de soutien à la relève. Dave Jenniss, en résidence chez Ondinnok s’attaque à l’écriture de sa première pièce de théâtre. Une rivière de mensonges est présentée en lecture en 2007 et retravaillée avec les acteurs , devient Wulustek. Le tout sous la direction de Peter Batakliev, homme de théâtre bulgare qui est enseignant depuis 2005 au programme de formation intensive en theatre pour les autochtones donné par Ondinnok.

Depuis trois ans, j’ai la chance de me sentir adopté par ce groupe d’artistes, la compagnie Ondinnok et depuis, j’ai découvert qu’il y a plus de ressemblances entre les immigrés et les membres des Premières nations que l’on croirait. Le sentiment d’appartenance envers un territoire qui n’est pas ou plus le sien, la nostalgie du passé, les cultures qui sont de plus en plus influencées par celles des autres. (…) En plus, nous avons la passion qui nous rassemble… le théâtre.  Peter Batakliev, metteur en scène

Encore une fois, le voyage théâtral de Wulustek constitue une aventure, un dépassement pour la compagnie. Le ton est bouffon, comique. Les personnages à la limite de la caricature, emprisonnés dans le non-dit et déchirés par la violence d’un monde défiguré par le matérialisme sans issue. La famille Miktouch, dysfonctionnelle et pathétique n’est cependant pas si loin de la réalité.

Qu’arrive-t-il aux Amérindiens qui luttent au quotidien pour la préservation de la nature au sein d’une pauvreté culturelle grandissante? Eux qui ont été longtemps perçus comme les garants de son intégrité doivent-ils maintenant se résoudre à abandonner la lutte? Quand, à la fin de la pièce, demeuré seul, Jimmy, l’innu, le gardien silencieux, met le feu au territoire saccagé, nous nous prenons tous à soupirer de soulagement. C’est peut-être l’ultime recours, la vraie purification. La clôture de fer dressée sur le devant de la scène, créant un sentiment de malaise, nous permet toutefois de garder présent à l’esprit la tragédie qui parcourt l’histoire amérindienne. Car si la complaisance est à proscrire, elle est d’ailleurs absente de ce spectacle, il reste que la préservation de la mémoire d’un peuple est un enjeu qui mérite mieux que notre indifférence. Aurélie Olivier, Voir, 7 avril 2011

Dates des représentations

  • 5 au 13 juin 2008 – Montréal, Théâtre Prospero
  • 29 mars au 16 avril 2011 – Montréal, Théâtre Prospero

Équipe

Auteur | création collective à partir d’un texte original de Dave Jenniss
Metteur en scène | Peter Batakliev
Interprètes | Marie-Evelyne Baribeau (2008), Charles Bender, Marco Collin, Rachel Graton (2011), Dave Jenniss, Catherine Joncas et Yves Sioui Durand
Concepteur du décor | Jonas Veroff Bouchard
Concepteur d’éclairage | Thomas Godefroid
Concepteur sonore | Nicolas Grou
Conceptrice des costumes | Claire Geoffrion
Directeur technique | Geoff Levine
Régisseur | Emanuelle Langelier
Directrice de production | Lucie Mineau
Photographe | Martine Doyon

Producteur | Ondinnok